Il y a deux sortes de dpendance, celle des choses qui est de la nature, celle des hommes qui est de la socit. La dpendance des choses n'ayant aucune moralit ne nuit point  la libert et n'engendre point de vices, la dpendance des hommes tant dsordonne les engendre tous et c'est par elle que le matre et l'esclave se dpravent mutuellement. S'il y a quelque moyen de remdier  ce mal dans la socit c'est de substituer la loi  l'homme et d'armer les volonts gnrales d'une force relle suprieure  l'action de toute volont particulire.           
  Si les lois des hommes avaient comme celles de la nature une inflexibilit que jamais aucune force humaine ne pt faire plier, la dpendance des hommes redeviendrait alors celle des choses, on runirait dans la rpublique tous les avantages de l'tat naturel et ceux de l'tat civil, on joindrait  la libert qui maintient l'homme exempt de vice, la moralit qui l'lve  la vertu. 
ROUSSEAU


