 Voici de quoi nous convenons : cest que lide de lEgal ne nous est pas venue, quelle ne pouvait pas nous venir dailleurs que du fait de voir, de toucher ou dprouver quelque autre de nos sensations, et de toutes celles-ci je dis pareil.     
  -- Cest quen effet, Socrate, c'est pareil ; au moins par rapport  ce que l'argument se propose de montrer. 
  -- Il n'est pas douteux pourtant que c'est bien  partir des sensations que ncessairement l'ide nous vient, et dattribuer  toutes les galits qui sont comprises dans nos sensations une aspiration  ce dont l'existence est d'tre gal, et de juger qu'elles sont au-dessous de cette existence ; ou bien comment nous exprimerons-nous ?  
  -- Comme cela !      
  -- Ainsi donc, c'est avant d'avoir commenc  voir,  entendre,  user des autres sens, que ncessairement nous nous sommes trouvs avoir acquis une connaissance de lEgal qui n'est rien qu'gal, et de ce qui l'est ; ncessairement, si nous devions tre  mme, ultrieurement, de rapporter  ce terme suprieur les galits qui nous viennent des sensations.
PLATON


