  - A ressentir avec intensit, plaisir, peine, terreur ou dsir, alors, si grand que soit le mal dont on puisse souffrir  cette occasion, entre tous ceux qu'on peut imaginer, tomber malade par exemple ou se ruiner  cause de ses dsirs, il n'y a aucun mal qui ne soit dpass cependant par celui qui est le mal suprme ; c'est de celui-l qu'on souffre, et on ne le met pas en compte ! 
  - Qu'est-ce que ce mal, Socrate ? dit Cbs.    
  - C'est qu'en toute me humaine, forcment, l'intensit du plaisir ou de la peine  tel ou tel propos s'accompagne de la croyance que l'objet prcisment de cette motion, c'est tout ce qu'il y a de plus clair et de plus vrai, alors qu'il n'en est point ainsi. Il s'agit alors au plus haut point de choses visibles, n'est-ce pas?       
  - H! absolument.          
  - N'est-ce pas dans de telles affections qu'au plus haut point l'me est assujettie aux chanes du corps?   
  - Comment, dis?      
  - Voici : tout plaisir et toute peine possdent une manire de clou, avec quoi ils clouent l'me au corps et la fichent en lui, faisant qu'ainsi elle a de la corporit et qu'elle juge de la vrit des choses d'aprs les affirmations mmes du corps.
PLATON
