  Si le marxisme, aprs avoir pris le pouvoir en Russie et s'tre fait accepter par un tiers du peuple franais, semble incapable aujourd'hui d'expliquer dans son dtail l'histoire que nous vivons, si les acteurs de l'histoire qu'il avait dgags sont aujourd'hui mls dans le tissu des vnements  des facteurs nationaux et psychologiques qu'il considrait comme secondaires, et recouverts par eux, n'est-ce pas la preuve que rien n'est essentiel en histoire, que tout compte galement, qu'aucune mise en perspective n'a de privilge, et n'est-ce pas au scepticisme que nous sommes conduits : La politique ne doit-elle pas renoncer  se fonder sur une philosophie de l'histoire, et, prenant le monde comme il est, quels que soient nos voeux, dfinir ses fins et ses moyens d'aprs ce que les faits autorisent : Mais on ne se passe pas de mise en perspective ; nous sommes, que nous le voulions ou non, condamns aux voeux, aux jugements de valeur, et mme  la philosophie de l'histoire.
MERLEAU-PONTY

