   Dans le domaine scientifique ainsi, le plus remarquable auteur de dcouvertes ne se distingue que par le degr de l'imitateur et de l'colier le plus laborieux, tandis qu'il est spcifiquement diffrent de celui que la nature a dou pour les beaux-arts. Il ne faut cependant pas voir en ceci une quelconque dprciation de ces grands hommes auxquels l'espce humaine doit tant, par rapport  ceux qui par leur talent pour les beaux-arts sont les favoris de la nature. Le grand privilge des premiers par rapport  ceux qui mritent l'honneur d'tre appels des gnies, c'est que leur talent consiste  contribuer  la perfection toujours croissante des connaissances et de l'utilit qui en dpend, comme  instruire les autres dans ces mmes connaissances. Mais pour le gnie l'art s'arrte quelque part, puisqu'une limite lui est impose au-del de laquelle il ne peut aller, limite qu'il a d'ailleurs vraisemblablement dj atteinte depuis longtemps et qui ne peut plus tre recule; en outre, l'aptitude propre au gnie ne peut tre communique et elle est donne immdiatement  chacun en partage de la main de la nature; elle disparat donc avec lui, jusqu' ce que la nature confre  un autre les mmes dons. 
KANT
