Toute opposition au pouvoir lgislatif suprme, toute rvolte destine  traduire en actes le mcontentement des sujets, tout soulvement qui clate en rbellion est, dans une rpublique, le crime le plus grave et le plus condamnable, car il en ruine le fondement mme. Et cette interdiction est inconditionnelle, au point que quand bien mme ce pouvoir ou son agent, le chef de lEtat, ont viol jusqu'au contrat originaire et se sont par l destitus, aux yeux du sujet, de leur droit  tre lgislateurs, puisqu'ils ont donn licence au gouvernement de procder de manire tout  fait violente (tyrannique), il n'en demeure pas moins qu'il n'est absolument pas permis au sujet de rsister en opposant la violence  la violence. En voici la raison : c'est que dans une constitution civile dj existante le peuple n'a plus le droit de continuer  statuer sur la faon dont cette constitution doit tre gouverne. Car, suppos qu'il en ait le droit, et justement le droit de s'opposer  la dcision du chef rel de lEtat, qui doit dcider de quel ct est le droit ? Ce ne peut tre aucun  des deux, car il serait juge dans sa propre cause. Il faudrait donc qu'il y et un chef au-dessus du chef pour trancher entre ce dernier et le peuple, ce qui se contredit. 
KANT


