Quand on songe  la mchancet de la nature humaine, qui se montre  nu dans les libres relations des peuples entre eux (tandis que dans l'tat civil elle est trs voile par l'intervention du gouvernement), il y a lieu de s'tonner que le mot droit n'ait pas encore t tout  fait banni de la politique de la guerre comme une expression pdantesque, et qu'il ne se soit pas trouv dEtat assez hardi pour professer ouvertement cette doctrine. (... )        
  Toutefois cet hommage que chaque Etat rend  l'ide du devoir (du moins en paroles) ne laisse pas de prouver qu'il y a dans l'homme une disposition morale, plus forte encore, quoiqu'elle sommeille pour un temps,  se rendre matre un jour du mauvais principe qui est en lui (et qu'il ne peut nier). Autrement les Etats qui veulent se faire la guerre ne prononceraient jamais le mot droit,  moins que ce ne ft par ironie, et dans le sens o l'entendait ce prince gaulois, en le dfinissant : "L'avantage que la nature a donn au plus fort de se faire obir par le plus faible. " 
KANT

