 La libert en tant qu'homme, j'en exprime le principe pour la constitution d'une communaut dans la formule : personne ne peut me contraindre  tre heureux d'une certaine manire (celle dont il conoit le bien-tre des autres hommes), mais il est permis  chacun de chercher le bonheur dans la voie qui lui semble,  lui, tre la bonne, pourvu qu'il ne nuise pas  la libert qui peut coexister avec la libert de chacun selon une loi universelle possible (autrement dit,  ce droit d'autrui). Un gouvernement qui serait fond sur le principe de la bienveillance envers le peuple, tel celui du pre envers ses enfants, c'est--dire un gouvernement paternel, o par consquent les sujets, tels des enfants mineurs incapables de dcider de ce qui leur est vraiment utile ou nuisible, sont obligs de se comporter de manire uniquement passive, afin d'attendre uniquement du jugement du chef de lEtat la faon dont ils doivent tre heureux, et uniquement de sa bont qu'il le veuille galement, - un tel gouvernement, dis-je, est le plus grand despotisme que l'on puisse concevoir (constitution qui supprime toute libert des sujets qui, ds lors, ne possdent plus aucun droit).
KANT
