On remarque aisment qu'une affection cordiale met tout en communaut entre amis ; et que des poux, en particulier, perdent l'un et l'autre leur proprit et ne connaissent plus le tien et le mien qui sont si ncessaires et qui pourtant causent tant de trouble dans la socit humaine. Le mme effet rsulte d'un changement des circonstances o vivent les hommes, quand par exemple il y a une assez grande abondance d'un bien pour contenter tous les dsirs des hommes ; dans ce cas disparat compltement toute distinction de proprit et tout demeure en commun Nous pouvons observer cette situation pour l'air et l'eau qui sont pourtant les plus estimables des objets extrieurs; et nous pouvons aisment conclure que si les hommes taient fournis, en mme abondance, de tous les biens ou si chacun avait pour autrui la mme affection et la mme attention tendre que pour soi-mme, la justice et l'injustice seraient galement inconnues des hommes.   
  Voici donc une proposition qu'on peut,  mon avis, regarder comme certaine : c'est uniquement de l'gosme de l'homme et de sa gnrosit limite, en liaison avec la parcimonie avec laquelle la nature a pourvu  la satisfaction de ses besoins, que la justice tire son origine.
HUME


