  Mon opinion est que tout homme sent, en quelque faon, la vrit de la religion dans son propre coeur; et que par le sentiment intime de sa faiblesse et de sa misre plutt que par aucun raisonnement, il est conduit  recourir  la perfection de cet tre, dont il dpend, ainsi que toute la nature. Les plus brillantes scnes de la vie sont obscurcies par les nuages de tant d'inquitudes et d'ennuis, que l'avenir est toujours l'objet de nos craintes et de nos esprances. Nous regardons devant nous et nous tchons,  force de prires, d'hommages et de sacrifices, d'apaiser ces puissances inconnues que nous savons, par exprience, tre si fort en tat de nous affliger et de nous accabler. Pauvres cratures que nous sommes! Quelle ressource aurions-nous au milieu des maux innombrables de la vie, si la religion ne nous fournissait quelques moyens expiatoires et ne calmait ces terreurs qui nous troublent et nous tourmentent sans cesse ? 
HUME
