Il semble vident que, si tous les spectacles de la nature changeaient continuellement, de telle manire qu'il n'y et pas deux vnements qui offrissent entre eux une ressemblance quelconque, mais que tout objet ft entirement nouveau, sans aucune similitude avec rien de ce qu'on et vu auparavant, nous ne serions jamais, en ce cas, parvenus  la moindre ide de ncessit, ou d'une connexion entre ces objets. Nous pourrions dire, dans une telle supposition, que l'un des objets ou des vnements a suivi l'autre, non que l'un fut produit par l'autre. La relation de cause  effet ne pourrait qu'tre absolument inconnue l'humanit. L'infrence et le raisonnement touchant les oprations de la nature, de ce moment, prendraient fin ; et la mmoire et les sens resteraient les seuls canaux par o il ft possible que la connaissance d'une existence relle quelconque et accs dans l'esprit. Notre ide de ncessit et de causalit provient donc entirement de l'uniformit observable dans les oprations de la nature, o des objets semblables sont constamment joints entre eux, et o l'esprit est dtermin par habitude  infrer l'un de l'apparition de l'autre. Ces deux circonstances forment le tout de la ncessit que nous attribuons la matire. Pass la constante conjonction d'objets semblables, et l'infrence de l'un  l'autre, qui en est la consquence, nous n'avons aucune notion d'une ncessit ou d'une connexion quelconque.
HUME


