 Il est des devoirs qui ne dcoulent pas du droit d'autrui, par exemple le devoir de bienfaisance. Le malheureux n'a, pour ce qui est de lui, de droits sur ma bourse que dans la mesure o il suppose que c'est moi qui me ferais un devoir d'assister les malheureux; quant  moi, mon devoir ne se fonde pas sur son droit : son droit  la vie,  la sant, etc., ne concerne pas des individus mais l'humanit en gnral (le droit de l'enfant  la vie concerne les parents et ce droit impose  l'Etat, ou tout simplement  ses proches, et non  l'individu, le devoir de l'entretenir. Quand on prtend demander  quelqu'un d'aider  lui seul un pauvre, il rpond souvent par une chappatoire : il ne sait pourquoi ce serait lui, un autre le pourrait tout aussi bien que lui. Il y consent plus volontiers sous forme de contribution partage avec d'autres, d'une part, naturellement, parce que ainsi il n'a pas  supporter la totalit de la dpense, mais, d'autre part, parce qu'il sent bien que ce devoir n'incombe pas  lui seulement, mais galement aux autres.) C'est en ma qualit de membre de l'Etat que le pauvre doit exiger de moi l'aumne comme un droit, mais ici il formule son exigence de manire immdiate alors qu'il devrait le faire par l'intermdiaire de lEtat. 
HEGEL


