 Quand on entre dans l'intrieur d'une cathdrale du Moyen Age, cette vue fait moins songer  la solidit des piliers qui supportent l'difice, leur rapport mcanique avec la vote qui repose sur eux, qu'aux sombres arcades d'une fort dont les arbres rapprochs entrelacent leurs rameaux. Une traverse a besoin d'un point d'appui solide et d'une direction  angle droit. Mais, dans l'architecture gothique, les murs s'lvent d'eux-mmes librement ; il en est de mme des piliers qui en s'levant se dploient dans divers sens, et se rencontrent comme accidentellement. En d'autres termes, leur destination, de supporter la vote qui, en effet, s'appuie sur eux, n'est pas expressment manifeste et reprsente en soi. On dirait qu'ils ne supportent rien ; de mme que, dans l'arbre, les branches ne paraissent pas supportes par le tronc, mais, dans leur forme de lgre courbure, semblent une continuation de la tige et forment, avec les rameaux d'un autre arbre, une vote de feuillage Une pareille vote, qui jette l'me dans le recueillement, cette mystrieuse horreur des bois qui porte  la mditation, la cathdrale les reproduit par ses sombres murailles, et, au-dessous, par la fort de piliers et de colonnettes qui se dploient librement et se rejoignent au sommet. Cependant, on ne doit pas, pour cela, dire que l'architecture gothique a pris les arbres et les forts pour premier modle de ses formes...
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