Je remarque aussi que la grandeur d'un bien,  notre gard, ne doit pas seulement tre mesure par la valeur de la chose en quoi il consiste, mais principalement aussi par la faon dont il se rapporte nous ; et qu'outre que le libre arbitre est de soi la chose la plus noble qui puisse tre en nous, d'autant qu'il nous rend en quelque faon pareils  Dieu, et semble nous exempter de lui tre sujets et que par consquent, son bon usage est le plus grand de tous nos biens, il est aussi celui qui est le plus proprement ntre et qui nous importe le plus, d'o il suit que ce n'est que de lui que nos plus grands contentements peuvent procder. Aussi voit-on par exemple que le repos d'esprit et la satisfaction intrieure que sentent en eux-mmes ceux qui savent qu'ils ne manquent jamais  faire leur mieux, tant pour connatre le bien que pour lacqurir, est un plaisir sans comparaison plus doux, plus durable et plus solide que tous ceux qui viennent dailleurs. 
  Lettre  la reine Christine de Sude - Egmond, 20 novembre 1647
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