 Ce qui fait la difficult, c'est que l'quitable, tout en tant juste, n'est pas le juste selon la loi, mais un correctif de la justice lgale. La raison en est que la loi est toujours quelque chose de gnral, et qu'il y a des cas d'espce pour lesquels il n'est pas possible de poser un nonc gnral qui s'y applique avec rectitude. />Dans les matires, donc, o on doit ncessairement se borner  des gnralits et o il est impossible de le faire correctement, la loi ne prend en considration que les cas les plus frquents, sans ignorer d'ailleurs les erreurs que cela peut entraner. La loi n'en est pas moins sans reproche, car la faute n'est pas  la loi, ni au lgislateur, mais tient  la nature des choses, puisque par leur essence mme la matire des choses de l'ordre pratique revt ce caractre d'irrgularit. Quand, par suite, la loi pose une rgle gnrale, et que l-dessus survient un cas en dehors de la rgle gnrale, on est alors en droit, l o le lgislateur a omis de prvoir le cas et a pch par excs de simplification, de corriger l'omission et de se faire l'interprte de ce queut dit le lgislateur lui-mme s'il avait t prsent  ce moment, et de ce qu'il aurait port dans sa loi s'il avait connu le cas en question. De l vient que l'quitable est juste, et qu'il est suprieur  une certaine espce de juste, non pas suprieur au juste absolu, mais seulement au juste o peut se rencontrer l'erreur due au caractre absolu de la rgle. Telle est la nature de l'quitable : c'est d'tre un correctif de la loi, l o la loi a manqu de statuer  cause de sa gnralit.
ARISTOTE


