Ce qu'il faut galiser, ce sont les apptits plutt que les biens, et ce rsultat ne peut tre atteint que par une ducation dispense par les lois.   (...) D'autre part, les hommes ne commettent pas seulement des injustices pour subvenir aux ncessits vitales (de ces injustices qui, dans la pense de Phalas[1], trouvent leur remde dans l'galisation des fortunes laquelle aura pour effet qu'on ne dpouillera plus son voisin pour se prserver soi-mme du froid ou de la faim), mais encore pour se procurer des plaisirs et satisfaire leurs apptits : si, en effet, ils ressentent des apptits qui vont au-del des ncessits vitales, ils pratiqueront l'injustice comme un moyen curatif pour les apaiser. Enfin, ils peuvent avoir en vue non seulement ce dernier motif, mais encore celui de jouir de plaisirs non accompagns de souffrance.   Quel remde y a-t-il  ces trois formes d'injustice Pour la premire sorte, ce sera une fortune mdiocre et du travail ; pour la deuxime, de la temprance ; quant  la troisime, tout homme qui souhaite des plaisirs ne dpendant que de soi-mme ne saurait chercher  les satisfaire en dehors de la philosophie, car les autres requirent l'aide de nos semblables. Et tant donn que les plus grands crimes viennent de nos dsirs pour des objets dpassant les ncessits vitales et non pour satisfaire ces dernires (par exemple, on ne devient pas tyran pour se prserver du froid, et c'est pourquoi aussi les plus grands honneurs sont dcerns  celui qui tue non pas un voleur mais un tyran), il en rsulte que les institutions politiques de Phalas n'offrent de secours que contre les injustices de peu d'importance.
ARISTOTE

[1] - Phalas de Chalcdoine soutient que les proprits doivent tre gales.

