 Puisque la science est le concept de l'universel et du ncessaire; puisqu'il y a des principes de ce qui est susceptible de dmonstration et, par consquent, de toute science - celle-ci s'accompagnant de raison -, il s'ensuit que, du principe mme de ce qui est objet de science, il ne saurait exister ni science, ni prudence. Car ce qui est objet de science peut tre dmontr, tandis que l'art et la prudence ont pour matire ce qui est de l'ordre du possible. La sagesse non plus n'a pas sa place ici, car le propre du sage est de pouvoir fournir une dmonstration sur certaines questions. Si donc c'est par la science, la prudence, et l'intelligence que nous atteignons la vrit, sans nous tromper jamais, et cela aussi bien dans l'ordre du ncessaire que dans celui du possible; si des trois facults, j'entends la prudence, la science et la sagesse, aucune ne peut avoir la connaissance des principes premiers, il reste que c'est l'intelligence qui peut les atteindre.
ARISTOTE

